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Etude régionale : " La biodiversité des mares de hutte"

Contexte : les zones humides

Le Nord-Pas de Calais est une région naturellement très humide en raison d’un relief très faible et de la présence de grandes zones aux substrats imperméables. Pour éviter que cette situation ne soit un frein au développement de la région, une tradition très forte de gestion hydraulique a vu le jour dès le Moyen-âge. Cela s’est traduit par une importante artificialisation des cours d’eau et par le drainage de nombreux marais.

C’est pourquoi les zones humides ne représentent aujourd’hui plus que 1% du territoire régional. A titre de comparaison, il a été estimé qu’en absence d’interventions humaines, la région serait vraisemblablement constituée de zones inondables sur environ 30 % de son territoire. Victimes de leur statut de territoires improductifs, ces zones restent aujourd’hui encore largement menacées. Il est possible de distinguer trois types de menaces. La première est la destruction des zones humides (par l’urbanisation ou l’intensification agricole). La seconde est la pollution des eaux et la dernière est une gestion inadaptée de ces territoires. Cela se traduit soit par une artificialisation (« jardinage », plantation de peupliers…) soit par une dégradation des milieux par absence de gestion, notamment pour les mares (embroussaillement, atterrissement). En raison de ces constats, la problématique des zones humides occupe aujourd’hui une place importante dans le débat régional sur le développement durable. L’importance de ces zones est depuis longtemps connue des structures cynégétiques qui se sont investies dans la gestion de ces territoires nécessaires à la survie des espèces inféodées. De nombreux sites sont aujourd’hui conservés et gérés par les chasseurs de gibier d’eau, lesquels aménagent leur territoire dans un objectif principalement cynégétique. Environ 3000 huttes sont immatriculées pour la chasse de nuit auprès des Préfectures de la région. Celles-ci, leurs mares respectives ainsi que leurs parcelles attenantes constituent plusieurs milliers d’hectares de zones humides. La Fédération régionale des chasseurs du Nord Pas-de-Calais (FRC) a mené de 2002 à 2006 des inventaires naturalistes sur un échantillon de mares de hutte des principales zones humides de la région. Cette étude est une étude préliminaire. Elle vise à fournir des données scientifiques sur les mares de hutte et leurs abords afin de définir si ces zones entretenues pour l’accueil de l’avifaune migratrice sont également propices à l’installation et au maintien d’une flore et d’une faune riches et variées. Le présent document fait la synthèse des résultats obtenus.


Pourquoi entreprendre une étude sur la biodiversité des mares de hutte ?

La chasse de nuit a été légalisée par la loi Chasse du 26 juillet 2000 dans les vingt-sept départements où cette activité est traditionnelle. Depuis, chaque hutte doit détenir un numéro d’immatriculation propre attribué par l’Administration.

De plus, le chasseur propriétaire d’une mare de hutte a, depuis cette loi, deux devoirs :

5 Articles L. 424-5 et R. 424-17 à R. 424-19 du code de l’environnement et L.224-4 du code rural

 tenir à jour un carnet de prélèvements pour chaque installation ;

gérer son plan d’eau ainsi que les parcelles attenantes et prairies humides sur lesquelles la chasse au gibier d’eau est pratiquée.

 Le déroulement de l’étude

Le programme sur la biodiversité des mares de hutte et de leurs abords a été réalisé de 2002 à 2006 par la Fédération régionale des chasseurs du Nord Pas-de-Ca lais (FRC) en collaboration étroite avec les Fédérations départementales des chasseurs (FDC) du Nord et du Pas-de-Calais, des associations de sauvaginiers et des propriétaires de mares de hutte.

Le programme a été soutenu financièrement par les Fédérations départementales des chasseurs du Nord et du Pas-de-Calais, le Conseil régional du Nord - Pas de Calais, la Direction régionale de l’environnement Nord- Pas de Calais et l’Union européenne. La prospection de 86 mares de hutte réparties sur dix grands secteurs de chasse au gibier d’eau a été réalisée.

Les mares de hutte ont été choisies par les techniciens des Fédérations départementales en fonction de leur représentativité au sein des zones étudiées et de l’accord des propriétaires. Ainsi, l’échantillon comprend des mares entourées de boisements et/ou de prairies, avec ou sans roselières, avec ou sans platières … Sur ces mares et leurs abords, la flore et une partie de la faune (batraciens, libellules) ont été inventoriées. De plus, une enquête sur la gestion par les chasseurs de la mare et de ces alentours a été menée afin de la mettre en parallèle avec la diversité biologique de chaque site. Ce questionnaire a repris divers critères tels que la typologie des mares, la gestion de l’eau (vidange, curage…), la gestion des berges (fauche, traitement…) et quelques informations concernant l’évolution de la faune et de la flore depuis que le propriétaire gère le site. Un volet sociologique plus approfondi a été effectué en 2005 sur la baie de Canche.

A chaque fin d’inventaire, un dossier personnel a été remis au propriétaire. Ce dossier regroupait le diagnostic du site concerné ainsi que des préconisations de gestion
Intérêt écologique des mares de hutte.
Description : Synthèse des inventaires
Poids : 18.6Mo